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La retraite

Comment m’y prendre pour investir en vue de la retraite ?

Aujourd'hui, pour profiter pleinement de sa retraite, le système par répartition mis en place il y a plus d'un demi-siècle ne suffit plus.
Qu'il s'agisse des salariés ou des travailleurs indépendants, la cessation de l'activité professionnelle se traduit, la plupart du temps, par une baisse des ressources de l'ordre de 40 à 50 % au mieux...

Pour préparer correctement sa retraite, mieux vaut s'y atteler le plus tôt possible. Et adapter ses placements à ses moyens. A chaque tranche d'âge correspond un certain nombre de priorités.
Les placements financiers qui permettent de se bâtir un capital sur le long terme sont nombreux. Des dispositions fiscales avantageuses permettent, d'ailleurs, dans le même temps, de minimiser le poids de l'impôt : Plan d'épargne en actions (PEA), Plan d'épargne populaire (PEP), contrats d'assurance vie, estampillés DSK ou non, dispositif immobilier Besson, etc.
Sachez de manière générale que pour bénéficier d'environ 304 euros de revenus supplémentaires mensuels, sans prendre de risque sur ses placements, il faut disposer actuellement d'un capital de l'ordre de 76225 euros.

LA RETRAITE MADELIN

 

Depuis février 1994 (date de promulgation de la loi Madelin, portant le nom du ministre du commerce et de l'artisanat de l'époque), tous les travailleurs non salariés non agricoles (les agriculteurs disposent d'un régime spécifique) ainsi que leurs conjoints collaborateurs peuvent se préparer une retraite complémentaire. Le dispositif est ouvert aux deux millions d'artisans, de commerçants, de professions libérales (médecins, avocats, notaires…) et, d'une manière plus générale, aux indépendants qui perçoivent des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) à jour de leurs cotisations à leur régime d'assurance sociale obligatoire.

 

Une déduction fiscale immédiate

Dans la limite annuelle de 31195 € comprenant également leurs cotisations obligatoires (soit, selon les professions, entre 24392 € et 25916 €/ an pour la seule partie retraite facultative), les indépendants peuvent effectuer des versements qui, dès la cessation de leur activité, se transformeront en un complément de retraite.
Toutes les cotisations versées par le non salarié ainsi que par son conjoint collaborateur inscrit au répertoire des métiers ou au registre du commerce et des sociétés sont déductibles du bénéfice imposable et procurent un avantage fiscal important à l'entrée.
S'il le souhaite, l'adhérent peut verser des cotisations supplémentaires au titre des années comprises entre la date de son affiliation au régime de base obligatoire de retraite d'une profession non salariée non agricole et la date à laquelle il a adhéré à un contrat de retraite Madelin.

La plupart des contrats Madelin comportent des actifs " en Euros". Leurs rendements sont semblables à ceux des contrats d'assurance vie bien connus s'appuyant sur les mêmes types d'actifs sans risque en capital

Pour ceux qui choisissent un cadre Madelin " multisupport ", les performances sont comparables à celles des contrats d'assurance vie multisupports. Elles varient selon les fonds retenus ou les profils gérés choisis.

Mais la comparaison s'arrête là. Les contrats Madelin n'offrent pas la souplesse des contrats d'assurance vie, tant pendant la période de versements, qu'au départ en retraite.

Une phase d'épargne contraignante

La constitution de l'épargne dans un contrat Madelin est très encadrée. La réglementation oblige l'adhérent à verser, jusqu'à sa retraite, des cotisations qui ne peuvent varier que dans une fourchette maximale de 1 à 10.
Ceux qui ont opté pour des primes élevées peuvent se trouver pris à la gorge s'ils réalisent de mauvaises affaires une année donnée. Et quoi de plus naturel pour un non salarié qu'une fluctuation des revenus d'une année à l'autre !
Ceci ne pose, en règle générale, pas de problème pour les adhérents qui choisissent de verser de petites sommes, mais rares sont les contrats susceptibles d'être ouverts avec moins de 762 euros par an. Et quand bien même le conjoint serait un collaborateur et pourrait ouvrir un contrat à son nom, la variation des cotisations lui serait aussi imposée.
Quant à la cotisation supplémentaire "de rattrapage", son montant doit être égal au montant de sa cotisation annuelle normale. Ces contraintes expliquent le faible succès des contrats de retraites Madelin : fin 1999, l'encours moyen par contrat était, simplement, de 6316 euros.
Les fonds versés par les adhérents (aussi bien les cotisations ordinaires que celles "de rattrapage") ainsi que les intérêts et produits sont, normalement, bloqués jusqu'à l'âge de leur retraite. Inutile d'espérer obtenir une avance pour faire face à un besoin temporaire d'argent ou récupérer ses fonds grâce à un retrait partiel. Ces deux possibilités autorisées dans les contrats d'assurance vie sont interdites dans les contrats Madelin.

A l'échéance du contrat (en règle générale 60 ans), la sortie d'un contrat Madelin s'effectue uniquement en rente à vie, laquelle est soumise au régime fiscal des salaires et pensions, soit une imposition après les abattements de 10% et 20%, sans oublier, toutefois, les prélèvements sociaux.
Pour les indépendants mariés, il est souhaitable de penser à une reversion au profit du conjoint survivant.

 

AUTRES PLACEMENTS

 

PERP:Plan d'Epargne Retraite Populaire

Produit d'épargne retraite individuel souscrit auprès d'un établissement bancaire ou d'une compagnie d'assurance vie. L'épargne investie donne lieu au versement d'une rente au moment du départ à la retraite et est assortie d'un avantage fiscal à l'entrée.

le premier produit individuel d'épargne dédié à la retraite accessible à l'ensemble des épargnants, quelle que soit leur situation professionnelle : salariés, non-salariés, fonctionnaires, etc. Les personnes ne travaillant pas y auront également droit, ce qui est particulièrement intéressant pour les femmes au foyer.

Une épargne à son rythme : le PERP permet d'épargner petit à petit, en fonction de ses capacités financières. Il est possible d'opter pour des versements réguliers, avec prélèvement automatique, ou ponctuels, à l'occasion d'une rentrée d'argent importante par exemple.

Des avantages fiscaux importants : les cotisations ou primes versées sur un PERP seront déductibles chaque année du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels et d'un maximum réévaluer chaque année (24 854 EUR pour 2006). Cette déduction confère ainsi au PERP une efficacité fiscale supérieure à celle des dispositifs actuels en matière d'épargne retraite.

Une fois l'âge de la retraite atteint, l'épargne investie dans le PERP donne lieu au versement d'une rente garantie à vie qui pourra être réversible au bénéficiaire de votre choix, votre conjoint par exemple. En cas de décès avant l'âge de la retraite, le capital épargné est transformé en revenu au profit d'un bénéficiaire désigné librement.

 

Pel et épargne programmée

Disposer d'une épargne de base est déjà un premier pas vers la retraite. Cette épargne pourra se transformer en un apport personnel pour l'achat de la résidence principale. Et elle sera utile en cas de coup dur. Pour commencer à épargner dès l'entrée dans la vie active, vous pouvez donc utiliser un Compte Epargne Logement (CEL) et un Plan Epargne Logement (PEL). Le CEL préserve la disponibilité des fonds et les sommes placées sur le PEL ouvrent droit à un prêt à taux préférentiel. On peut aussi s'intéresser à l'épargne programmée en Bourse. Dans la majorité des établissements, elle est accessible à partir de quelques centaines de francs par mois. Mieux vaut alors utiliser le cadre fiscal avantageux du Plan d'Epargne en Actions (PEA). En contrepartie du blocage des fonds durant 5 ans, les revenus et plus-values sont exonérés d'impôt et ne supportent que 10% de taxes.
L'investissement programmé permet de s'intéresser aux produits plus volatils que sont les actions car les achats de titres s'effectuent aussi bien quand les cours sont hauts que quand ils sont bas, ce qui est un bon moyen de faire fructifier son épargne sur le moyen terme

L'acquisition de la résidence principale

L'épargne accumulée au fil du temps servira d'apport personnel pour acheter sa résidence principale. Le fait d'être propriétaire de son logement procurera au bout d'une quinzaine d'années une économie substantielle et sera particulièrement utile au moment de la retraite.
Les épargnants seront bien inspirés en programmant cet investissement le plus tôt possible, notamment s'ils bénéficient d'un coup de pouce de leurs parents. D'autant que la situation actuelle est propice à l'accession à la propriété malgré la remontée des prix et des taux d'intérêt.
Plusieurs possibilités de financement sont offertes : taux fixes ou taux variables. Les premiers sont plus sûrs mais un peu plus chers.

L'immobilier locatif pour sa fiscalité

Pour obtenir un complément de revenu au moment de la retraite, acheter un bien immobilier pour le louer est une excellente solution.

Le principe est simple : vous achetez un bien à crédit, lorsque vous êtes encore en activité, et vous le louez. Les loyers remboursent tout ou partie des mensualités de votre prêt. De plus, vous pouvez bénéficier de différents systèmes de défiscalisation (Robien, Zone de Revitalisation Rurale, déficit foncier…). Une fois à la retraite, votre prêt immobilier est remboursé et les loyers perçus complètent votre pension.

Au final, l'investissement locatif vous apporte un complément de revenus, un allègement de vos impôts et la constitution d'un patrimoine qui reviendra, le moment venu, à vos enfants. Bon à savoir : en cas de problèmes de santé ou de décès alors que votre crédit n'est pas terminé, les assurances obligatoirement souscrites prennent en charge les mensualités de remboursement. Vos proches sont ainsi protégés.


Indispensable assurance vie

L'assurance vie est un outil idéal pour se constituer un complément de retraite grâce à sa grande souplesse. Elle vous permet en effet d'épargner à votre rythme, tout en choisissant votre stratégie d'investissement. Vous pouvez récupérer votre épargne à tout moment. Et durant votre retraite, vous pourrez puiser sur votre contrat pour compléter vos revenus. Il est également possible de prévoir une sortie en rente viagère.

-PEP (Plan d'Epargne Populaire)
Depuis le 25 septembre 2003, il n'est plus possible de souscrire de PEP. Placement permettant de se constituer un capital à long terme en franchise d'impôt. Placé sur un compte bancaire ou une assurance vie, le PEP bénéficie d'avantages fiscaux au bout de 8 ans de détention : intérêts exonérés d'impôt sur le revenu (hors 10 % de prélèvements sociaux) et sortie en rente à vie exonérée d'impôt sur le revenu (mais également soumise aux prélèvements sociaux sur une fraction de son montant).

-Plan d'épargne en actions (PEA)
Placement à long terme proposé par les banques et établissements financiers. D'une durée de 8 ans et plafonné à 132 000 euros (865 863,24 francs) par personne, il doit être constitué d'actions de l'Union Européenne ou de parts d'OPCVM éligibles au PEA. Le PEA bénéficie d'une exonération totale d'impôts sur les dividendes et les plus-values (hors 10 % de cotisations sociales).

Des avantages fiscaux non négligeables : exonération totale d'imposition sur le revenu de la rente viagère si celle-ci est versée à l'issue d'un contrat PEP ou d'un PEA de 8 ans ou plus ;

imposition des intérêts ou plus-values rachetés limitée à 7,5 % après 8 ans de détention du contrat. Cette imposition est atténuée par l'application d'un abattement annuel de 4 600 euros pour les contribuables célibataires et de 9 200 euros pour les couples mariés ;

exonération des droits de succession à hauteur de 152 500 euros par bénéficiaire (pour les versements effectués avant 70 ans).

Des économies d'impôts:

Dès la fin de la huitième année de vie d'un contrat d'assurance vie, les gains peuvent être retirés sans impôt sous forme d'intérêt à hauteur de 4574 Euros par personne et de 9147 Euros pour un couple. Au-delà, c'est un prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % qui s'applique.
Il est même possible d'échapper au prélèvement de 7,5%. Il suffit pour cela de souscrire un contrat DSK, du nom de son initiateur, l'ancien ministre des Finances Dominique Strauss Kahn. Seule contrainte, dans ce type de contrat, les actifs sont investis en permanence à hauteur de 50% au moins en actions européennes, dont 5% de titres à risque (titres non cotés, fonds communs de placement à risque, etc.). La sortie en rente viagère bénéficie pour sa part d'un abattement variable selon l'âge du rentier : par exemple 60% d'abattement pour une rente viagère prenant naissance entre 60 et 69 ans, 70% à partir de 70 ans avec une réduction des prélèvements sociaux dans les mêmes proportions. Ces prélèvements sociaux, qui se montent à 10%, sont d'ailleurs appliqués différemment, selon le type de contrat :
-soit ils sont prélevés chaque année sur le rendement payé pour les contrats sans risque en capital (les contrats " en francs "), qui ont payé en 1999 un rendement de 5% à 6%,
-soit ils sont retirés lors de la sortie volontaire de l'assuré (ce dernier procédé étant préférable, puisqu'il permet de se créer des intérêts composés supérieurs). Rappelons que les épargnants qui prennent le soin d'ouvrir un plan d'épargne populaire (PEP) sont exonérés de toute fiscalité, ils ne subissent, lors de la perception de leur rente, que les seuls prélèvements sociaux.

Pour les particuliers :rente ou capital? (en madelin uniquement rente)

-Rente : plus de sécurité
Certains dispositifs (PERP,...) vous permettent de récupérer votre épargne sous forme d'un revenu garanti et régulier, qui vous est versé de votre départ en retraite à la fin de vos jours.

Une contrepartie, néanmoins : votre argent est bloqué durant la phase d'épargne (sauf cas de sorties exceptionnels). En cas de décès prématuré, votre capital ne sera pas transmis à vos proches, sauf avec certains produits comme le PERP (Plan d'Epargne Retraite Populaire). Sachez également que le montant de la rente est d'autant plus faible que vous vous mettez à verser tard.

-Capital : plus de liberté
D'autres dispositifs (comme le PEE) vous permettent de retirer d'un seul coup la totalité de la somme épargnée, ainsi que les plus values réalisées. Vous pouvez ainsi financer de grosses dépenses ponctuelles (voyages, donations aux petits-enfants) ou réinvestir (immobilier locatif). Contrairement à la rente, votre capital est transmis à vos héritiers à votre décès.

Il faut néanmoins rester vigilant. Ce système demande une gestion attentive, puisque vous disposez soudainement d'un capital important mais unique.


La rente est soumise à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux selon les produits.

Le capital retiré ainsi que les plus values sont exonérés d'impôt sur le revenu mais soumis aux prélèvements sociaux.

Il n'y a évidemment pas de solution idéale. Le choix entre capital et rente dépend de vos besoins et de vos priorités.

l'idéal étant de faire un panaché .