Coronavirus et infirmiers libéraux : «Catastrophique et honteux de nous envoyer à la guerre sans pro

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Cet article a été publié le par Brigitte Femenia et a été consulté 148 fois.

Tout comme les auxiliaires de vie, les infirmiers libéraux d'Occitanie bénéficient bien évidemment de dérogations pour circuler en temps de confinement. Ils doivent pouvoir se déplacer pour assurer des soins chez des patients confinés à domicile. Mais avec un cruel manque de protection !
 

Tout comme les auxiliaires de vie, les infirmiers libéraux d'Occitanie bénéficient bien évidemment de dérogations pour circuler en temps de confinement. Ils doivent pouvoir se déplacer pour assurer des soins chez des patients confinés à domicile. Mais avec un cruel manque de protection !
 

Chez chaque patient, avant toute intervention et manipulation, ils se doivent d’appliquer les gestes «barrières» : désinfection des mains au gel hydro-alcoolique, port de gants et de masque. De par l'âge avancé de certaines, les personnes visitées sont souvent parmi les plus contaminables.


Des protections en quantité insuffisante !

Mais sans avoir forcément les protections adéquates, comme l’explique Tilda Garcia, infirmière libérale sur Sète :

Depuis que la crise a commencé, nous n’avons reçu chacun qu’une boite de cinquante masques chirurgicaux classiques!

Les infirmiers n’ont toujours pas reçu en effet de masques FFP2, adaptés à ce type d’épidémie et de virus. Ils se contentent pour l’instant de masques chirurgicaux de type SHA, qui préservent plus simplement les patients et ne peuvent normalement se porter que quelques heures.
 

 

Le masque FFP2 manque cruellement en nombre pour les professionnels de la santé face au coronavirus. / © MAXPPP


Même difficulté à se procurer du gel hydro-alcoolique en quantité suffisante.

C’est malheureux, mais il faut le dire : ils ne sont pas au point !


Par précaution, certaines tournées sont ainsi allégées par les infirmiers : ils assurent les soins essentiels et techniques nécessaires, mais laissent aux familles les tâches moins «vitales» comme les prises de médicaments et nursing léger. Histoire de se protéger au maximum, mais aussi de protéger la patientèle notamment la plus âgée. Car il n'y a aucun dépistage de coronavirus par manque de test entre autres et manque de temps aussi. Betty Mattéo, présidente  de l’AISBT (Association des Infirmiers Libéraux Sète-Bassin de Thau), se bat pour avoir des masques supplémentaires :

Il y a un manque de tout : en 2020, c’est choquant de voir que pompiers, médicaux et autres corps vitaux n’ont pas de quoi se préserver comme il se doit ! C'est catastrophique et honteux de nous envoyer à la guerre comme en 1914!


Les dotations de masques vont enfin arriver en pharmacie, mais il n'y en aura que dix de type FFP2 et dix de type chirurgical par infirmier à peine !
Aujourd'hui, sur ce secteur du Bassin de Thau autour de Sète, des médecins et des infirmiers sont confinés à leur tour.


Un lien avec l’extérieur essentiel pour les confinés

Pourtant, au-delà de leur rôle médical et sanitaire, ces infirmiers sont aussi un lien social. Ludo Matéo, infirmier sur Poussan (Hérault) le ressent :

Nos patients sont très anxieux et méfiants. Ils demandent s’il y a des cas dans le village, des morts. Ils ont le sentiment qu’on ne leur dit pas tout. Certains suspendent même de leur initiative les soins. 

Même ressenti pour Lucie Connes, infirmière libérale sur Sète : 

Il y a beaucoup de questionnement sur les mesures prises depuis quelques heures. Combien de temps cela va durer ? Est-ce que vous avez-vu des gens infectés ? 

Pourtant ces visites ont plus que jamais leur importance pour bon nombre de personnes confinées à leur domicile, malades ou en état de fragilité importante, comme l’explique Virginie Bonnin, psychologue :

Avec le contexte actuel de grande inquiétude, avec pour seul lien extérieur les nouvelles peu rassurantes reçues via les médias, l’isolement peut provoquer un traumatisme et des stress post-traumatiques notamment chez des personnes sensibles, dépressives. Il va falloir gérer aussi cela si la situation dure. Ces présences ponctuelles peuvent aider et rassurer.

Des présences qui vont aussi se réduire du côté d'auxiliaires de vie qui viennent aider pour repas et ménage : certains réduisent leur passage de quatre à deux fois par semaine, pour réduire les risques car eux-mêmes ne sont pas équipés pour se protéger et protéger les personnes.
 

Quels masques contre le coronavirus ?

Il existe trois classes de masques de protection respiratoire jetables (FFP1, FFP2, FFP3) par ordre croissant d’efficacité.
Pour se protéger de la grippe H1N1 ou du coronavirus de type COVID-19, c’est le masque FFP2 qui est nécessaire. Protection respiratoire jetable filtrante contre les particules, il protège celui qui le porte contre l’inhalation d’agents infectieux transmissibles via l'air qu'on respire. Il le protège aussi contre le risque de transmission par les « gouttelettes », postillons pouvant contenir des virus de la grippe par exemple.
 

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