Les infirmiers libéraux disent stop aux abus

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Cet article a été publié le par Brigitte Femenia et a été consulté 1.339 fois.

La mise en avant de deux consœurs dans un article récent a mis en colère les professionnels. Une réaction témoignant notamment d’un marché assez tendu dans le Gier.

La mise en avant de deux consœurs dans un article récent a mis en colère les professionnels. Une réaction témoignant notamment d’un marché assez tendu dans le Gier.

Depuis quelques jours, ses confrères et consœurs lui envoient e-mails et textos avec en pièce jointe un article de La Tribune-Le Progrès. Les infirmiers du Gier ne sont pas tous devenus des lecteurs assidus de votre quotidien du jour au lendemain. Mais la page racontant le parcours de deux infirmières libérales avant leur installation dans la vallée les a mis en colère. Et ils se sont tournés vers leur ordre pour s’en plaindre.

« On s’insurge contre les transgressions du code de déontologie »
« J’ai reçu cinq ou six signalements rien que sur mon portable », précise Fleur Barbequot, la présidente du conseil de l’ordre des infirmiers de la Loire. Les syndicats Sniil (Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux) et FNI (Fédération nationale des infirmiers) ont aussi fait savoir leur mécontentement. « On s’insurge contre les transgressions du code de déontologie », résume Fleur Barbequot, ajoutant : « On ne restera pas muet. »

Les deux jeunes femmes seront convoquées par l’ordre qui pourra éventuellement prononcer une sanction disciplinaire. Leur tort ? S’être mis en avant par voie de presse. Car, il faut savoir que toute publicité est interdite pour les infirmiers libéraux (lire par ailleurs). Le duo* convoqué se défend : « Le but n’était pas d’apporter de la patientèle, c’était plus de parler de la fierté de notre parcours ». « Le mal est fait », répond l’ordre des infirmiers, qui tient à souligner par ailleurs que « leur parcours ne reflète pas la profession. » Fleur Barbequot insiste, code de déontologie en main : « On ne peut plus se cacher derrière le “je ne savais pas”. »

Des règles à rappeler sans cesse
La réaction de l’ordre peut paraître violente, mais elle découle d’un double problème que connaît la profession actuellement. Il y a d’abord, donc, celui du respect des règles concernant la publicité. « Il y a beaucoup de distributions de cartes dans les boîtes aux lettres, ce qui est interdit », détaille Fleur Barbequot, qui en profite pour appeler la population à la méfiance : « On a affaire à des gens fragilisés, influençables. Ils voient un infirmier, ils lui accordent leur confiance. Je les invite à vérifier qu’il s’agit bien d’infirmiers. » Et à signaler ce démarchage. Idem quand on trouve des cartes de cabinet « chez les commerçants ou au club de gym. »

« Le travail ne nous saute pas dessus »

L’ordre a déjà rappelé les règles à plusieurs reprises à tous les infirmiers. Actuellement, dans la Loire, une dizaine de non-respects du code de déontologie sont en cours de traitement, dont les deux infirmières de notre article et un cas à Saint-Chamond.

Mais dans le fond, la réaction des professionnels à ces abus témoigne surtout d’un marché plus tendu qu’on pourrait le croire. Les communes sont classées par zones en fonction de la densité de présence (lire par ailleurs). Et s’il ressort de la carte que toutes les situations ou presque existent dans le Gier et le Pilat, on note surtout qu’en dehors du canton de Bourg-Argental, la plupart des communes sont loin de manquer d’infirmiers libéraux. « L’engouement est réel pour le libéral. Il y a peut-être trop d’installations ou pas assez d’études de marché réalisées par les nouveaux venus. »

Parmi les conséquences du trop-plein dans certaines zones : des cabinets qui ferment, comme à Saint-Martin-la-Plaine il y a quelques mois, et une hostilité qui ressurgit quand les règles ne sont pas respectées. « Ils en ont marre. On veut être bienveillant vis-à-vis de ceux qui sont déjà installés ». « Le travail ne nous saute pas dessus, ça peut être très irrégulier et on a des charges importantes », insiste la présidente. « Quand on sait qu’une piqûre c’est 3,15 € brut… »

* Nous ne précisons pas leurs noms, ni leur commune d’installation, conformément à leur code de déontologie.

Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par le

Bravo!! Au lieu de se unir et trouver une solution pour le problème, on se marche sur la tête ! Ça avance beaucoup!vive la mentalité ! C'est pour cela que la prefession infirmière n'avance pas...

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