"Infirmière, c'est un beau métier de merde"

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Cet article a été publié le par Brigitte Femenia et a été consulté 1.095 fois.

Charline, 39 ans, est une infirmière libérale qui travaille à la campagne, près d’Angers. Elle adore son métier et le fait avec une incroyable bonne humeur. Et si ce n’est pas drôle tous les jours, elle trouve l’énergie chaque matin pour aller à la rencontre de celles et ceux dont elle prend grand soin… Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 21 octobre.

Charline, 39 ans, est une infirmière libérale qui travaille à la campagne, près d’Angers. Elle adore son métier et le fait avec une incroyable bonne humeur. Et si ce n’est pas drôle tous les jours, elle trouve l’énergie chaque matin pour aller à la rencontre de celles et ceux dont elle prend grand soin… Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 21 octobre.

"Parfois, avec le recul, je me dis que c’est un métier à la con. Il vous fait découvrir des choses incroyables et superbes chez les gens, mais ça engage beaucoup. C’est un beau métier de merde, c’est ce que je me dis, c’est un beau métier de merde", affirme malicieuse Charline, 39 ans, une infirmière qui exerce en libéral depuis quatre ans près d'Angers, dans le Maine-et-Loire. Son énergie communicative fait du bien à ses patient-e-s qui l’attendent toujours avec joie.

Ce dur métier au quotidien continue pourtant de passionner la jeune femme et ses copines de promo qu’elle rencontre ce soir-là lors d'un dîner au restaurant. Dix ans après leurs études, le petit groupe d’amies se réunit régulièrement. Pauline est infirmière chez les grands brûlés, Marie travaille en psychiatrie, Catherine pratique en réanimation et Séverine en maison de retraite. La bonne humeur ne fait pas défaut en dépit de conditions de travail souvent difficiles.

"Te prendre un coup, ça reste pas juste"

"Honnêtement, au bout de sept ans, je suis un peu lasse de mon métier, reconnaît Séverine, qui se sent un peu débordée. Je n’ai pas assez de temps pour m’occuper de mes patients. Il n’y a qu’une infirmière le week-end pour quatre-vingt-trois résidents. Forcément, tu n’es pas partout. En gériatrie, je manque de temps." Catherine témoigne : "Il y a peu de journées où, quand je rentre chez moi, j’ai l’impression de me sentir un peu utile ou un peu bien. C’est très triste et c’est pour ça parfois qu’on pleure entre collègues. C’est pour ça que je ne pourrais pas être toute seule."

Marie est en train de se reconvertir dans l’agriculture et Pauline a frôlé le burn-out. Elles sont toutes exposées à la violence de certains patients en détresse. "Plus d’une fois, en franchissant les portes, je me disais que c’était chaud, dit Charline. Tu la joues très sereine et tu essaies de sortir entière de la maison." Séverine a "appris à esquiver" et le prend "avec philosophie". "Te prendre un coup, même si le patient est dément, ça reste pas juste. On n’est pas là pour se faire frapper. Ça reste pas juste", conclut une infirmière avant de lever son verre pour trinquer avec ses amies : "A nous !"
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