Aides-soignants : réingénierie du diplôme en ordre de marche

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Cet article a été publié le par Brigitte Femenia et a été consulté 58 fois.

Catégorie : actualité

Un projet d’arrêté actant la réingénierie du diplôme d’aide-soignant a été validé par le HCPP le 20 avril. Le texte devrait paraître prochainement pour une application dans les Instituts de formation d’aide-soignant (Ifas) à la rentrée. Au grand regret des infirmiers libéraux.

Entamée en 2015, interrompue puis reprise en 2019, la concertation sur la réingénierie de la formation des aides-soignants (AS) semble toucher à sa fin. Le Haut Conseil des professions paramédicales (HCPP) a donné un avis favorable à un projet d’arrêté portant sur de nouveaux actes pour les aides-soignants et sur un allongement de la durée de la formation à 12 mois – au lieu de 10 actuellement. Cette réingénierie, qui avait été préalablement annoncée pour septembre 2020 par l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, fait évoluer les compétences des aides-soignants afin qu’ils puissent répondre aux besoins de la population vieillissante en assurant une meilleure prise en charge des personnes âgées et de leurs pathologies. Un moyen également de valoriser la profession et de rendre le métier attractif, comme annoncé lors du Ségur de la santé. Trois missions visant à refléter la spécificité du métier sont définies dans le texte : accompagner la personne dans les activités de sa vie quotidienne et sociale dans le respect de son projet de vie, collaborer au projet de soins personnalisé dans son champ de compétences, et contribuer à la prévention des risques et au raisonnement clinique interprofessionnel.

« Je craignais qu’il y ait plus d’avis défavorables que favorables, et que le texte ne soit pas validé en raison de l’opposition des syndicats infirmiers et de l’Ordre infirmier », reconnaît Arlette Schuhler, secrétaire générale de la Fédération nationale des associations d’aides-soignantes (Fnaas). Mais malgré ces avancées, « nous restons sur notre faim par rapport au rôle propre des aides-soignants et au statut libéral qui ne nous est pas encore reconnu, regrette-t-elle. Nous aurions aimé davantage d’autonomie. Je pense que cela viendra à moyen terme. »

Les infirmiers libéraux mécontents

C’est hors de question pour les syndicats d’infirmiers libéraux (Idels), déjà hostiles au projet d’arrêté. « Transférer certains de nos actes aux aides-soignants et leur attribuer des actes dont les infirmiers libéraux ne disposent pas en autonomie dans leur rôle propre est une dérive assumée et décomplexée vers une médecine à bas coûts, a dénoncé Convergence Infirmière dans un communiqué de presse en date du 20 avril. C’est très dangereux pour les patients les plus fragiles, les plus âgés, et c’est profondément injuste pour les infirmiers libéraux qui suent sang et eau tous les jours aux quatre coins du pays pour soigner là où bien souvent plus personne ne va. »

Les syndicats d’Idels sont loin d’approuver l’élargissement du champ de compétences des aides-soignants appliqués au libéral, notamment la possibilité de faire un prélèvement capillaire pour la mesure de la glycémie. Actuellement, cet acte, qui implique l’effraction de la barrière cutanée, est réalisable par un médecin et, par délégation, par un infirmier. « À quoi ça sert d’avoir les compétences pour effectuer un acte si on ne sait pas interpréter les résultats », s’interroge Marianne Pache, secrétaire générale du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) et membre du HCPP. Et de poursuivre : « Dans les centres hospitaliers ou dans les structures, les aides-soignants sont encadrés par des infirmiers. Mais ce n’est pas le cas à domicile, puisqu’ils travaillent généralement dans des Services de soins infirmiers à domicile (Ssiad), avec une infirmière coordinatrice accessible par téléphone. Lorsque l’aide-soignante aura prélevé la glycémie capillaire, nous craignons qu’elle appelle la coordinatrice et que celle-ci lui dise quoi faire à distance. Cela va entraîner un glissement de tâche et la sécurité pour le patient ne sera plus assurée. » Le Sniil avait demandé que dans le cadre du Ssiad, le geste ne puisse être effectué par l’aide-soignant qu’en présence d’une infirmière et non sous son autorité ; une proposition qui n’a pas été retenue. Pour Arlette Schuhler, aucun problème n’est à prévoir, « l’aide-soignant transmettra les informations aux infirmiers comme il le fait déjà ».

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